…oh le subtil jeu de mots (de l’Art de l’auto-congratulation)
Vous avez peut-être vu cette campagne « militante » de Leclerc réclamant le droit de vendre des médicaments en supermarché; pas n’importe quels médicaments, ceux qui sont déremboursés car jugés inefficaces, les médicaments “d’automédication familliale”, pour reprendre les termes de Michel-Edouard Leclerc sur son blog.
Moi en voyant la pub Leclerc à la télé, j’ai eu les deux effets Kiss Kool :
- D’abord, le « wouah cool, des médicaments moins chers » et c’est osé de venir bousculer les pharmaciens sur leur terrain.
- Oui mais bon, malgré cette pub faussement militante façon “MAIF”, ça n’est jamais qu’une grosse boîte qui cherche à surfer sur la vague d’une décision du gouvernement pour élargir ses activités et engranger un peu de benefs.
L’empire contre-attaque…
La réaction des pharmaciens ne s’est pas faite attendre, puisque les différents syndicats et autres groupements, en plus d’assigner Leclerc pour un retrait de la campagne, s’en donnent à coeur joie avec des contre-campagnes comme cette affiche ou la video ci-contre qui m’a fait sourire.
Dans cette guerre médiatique et politique, pas facile de prendre partie ? Pas si sûr…
Cette seconde video à gauche m’a fait fléchir en faveur de Leclerc, car je la trouve un poil déplacée et loin de la vérité.
NON, les médicaments même à prescription libre ne sont pas des produits comme les autres et ils ne doivent pas être pris à la légère.
NON, il ne faut pas se leurrer, si Leclerc obtient le feu vert, rien ne garantira des prix moins élevés (même si jusqu’à preuve du contraire et en dehors de toute entente, la libre concurrence marche plutôt bien pour faire baisser les prix et augmenter la qualité).
Et le consommateur dans tout ça ?
Les pharmaciens sont des lobbyistes comme bien d’autres dans ce pays, ils n’ont rien à envier à Leclerc. Ils défendent leurs intérêts, certes, mais ceux des clients consommateurs malades, je rigole… Autant que je me souvienne jamais un pharmacien ne m’a mis en garde contre l’utilisation d’une boîte de paracétamol ou d’un quelconque médoc en vente libre. C’est dangereux ? surêment, comme tout ce qui a des principes actifs. Et un litre de soude au rayon produits ménagers ?
Quant à l’argument « on n’est pas des épiciers » — cf. la démarche de ces pharmaciens de l’Hérault — ça ne tient pas debout : il reste bien des officines d’à peine 10 m², mais combien de pharmacies avec 15 employés et 200 mètres de rayonnages en accès libre, où l’on trouve de tout, de la brosse à dents au coupe-ongles en passant par les “pâtes minceur - Vu à la TV”, les lunettes de soleil et l’autobronzant ?
Moi j’ai envie d’avoir le choix, en angleterre ça ne pose pas de problèmes; on en trouve dans les Boots ou au Tesco, ça coûte plutôt moins cher et je trouve ça bien pratique. Une seule limite (relative) : pour certains médicaments le nombre de boîtes est limité.
Enfin tout ça reste du buzz, ça fait parler, ça me fait parler :)